jeudi, mai 07, 2026

Interdire définitivement les cumuls public-privé chez les guides de haute montagne

 

Le métier de guide de haute montagne est l’une des professions les plus exigeantes et les plus exposées qui soient. En France, il est strictement réglementé par le Code du sport. Pourtant, une pratique tolérée depuis des décennies pose aujourd’hui un problème majeur : le cumul d’activités entre fonction publique (PGHM, ENSA, médecins du secours, etc.) et activité privée lucrative.

Un système à deux vitesses

De nombreux gendarmes du PGHM, professeurs à l’ENSA, médecins-secouristes et autres agents publics détiennent le Diplôme d’État de guide de haute montagne. Ils sont autorisés, sous conditions, à exercer en parallèle une activité commerciale auprès de clients privés. Bien que légale sur le papier, cette pratique crée une concurrence déloyale évidente envers les guides indépendants.

Les fonctionnaires-guides bénéficient en effet d’une image institutionnelle forte, de réseaux, d’une visibilité médiatique, et parfois même de moyens logistiques liés à leur statut public. De leur côté, les guides purement indépendants doivent se battre seuls pour exister, souvent confrontés à des contrôles fiscaux plus fréquents, à des difficultés d’accès aux formations continues, aux refuges ou aux contrats collectifs.

Ce déséquilibre structurel est dénoncé depuis longtemps dans le milieu, mais très peu osent en parler publiquement. Les témoignages anonymes sur les forums et dans les groupes professionnels sont pourtant clairs : beaucoup de guides indépendants estiment être victimes d’une marginalisation progressive et d’une concurrence déloyale institutionnalisée.

La mécanique des conséquences selon Ivano Ghirardini

Selon la Mécanique en Non-Vie développée par Ivano Ghirardini, ces cumuls répétés constituent une violation grave des lois athanatiques – ces invariants universels d’équilibre, d’impartialité et de non-abus de position dominante observés depuis la plus haute Antiquité (Code de Hammurabi, principe biblique de middah keneged middah, etc.).

Chaque infraction répétée à ces lois charge le système et finit par déclencher une thanatose : une dynamique corrective impersonnelle et destructrice. Ghirardini voit dans la série d’accidents mortels touchant des formateurs et guides en situation de cumul (notamment la tragédie de septembre 2025 à l’ENSA avec les décès de Jacquemoud, Guigonnet et Lombard) une illustration tragique de ce mécanisme.

Des décennies de tensions

Depuis les années 1980, plusieurs guides indépendants ont dénoncé des provocations, des pressions administratives, des contrôles ciblés ou des campagnes de dénigrement. Les cas de Serge Gousseault, Michel Afanasief, Fred Vimal, Yannick Seigneur et bien d’autres ont marqué les esprits. Ghirardini lui-même décrit avoir été provoqué à plusieurs reprises, notamment par José Moreira, présenté comme indic de police, et affirme avoir subi un harcèlement administratif et judiciaire systématique pendant plus de trente ans.

Ces éléments, ajoutés aux témoignages anonymes récurrents, dessinent le portrait d’un milieu où les indépendants sont progressivement évincés au profit d’un système hybride public-privé.

Il est temps d’interdire définitivement ces cumuls

Face à cette situation, la seule solution cohérente et juste est l’interdiction pure et simple des cumuls public-privé pour les titulaires du Diplôme d’État de guide de haute montagne.

Cela signifie :

  • Interdire à tout agent public (gendarme, militaire, professeur à l’ENSA, médecin, etc.) d’exercer une activité de guide contre rémunération auprès du public.
  • Prévoir des sanctions disciplinaires lourdes, allant jusqu’à la radiation du tableau des guides en cas de violation.
  • Renforcer les contrôles et la transparence sur ce sujet.

Cette mesure permettrait de rétablir un véritable équilibre, de protéger les guides indépendants qui exercent ce métier dans des conditions difficiles, et surtout de respecter les lois athanatiques fondamentales d’impartialité et de séparation des sphères.

Tant que ce cumul sera toléré, le système continuera à produire ses propres déséquilibres et ses propres tragédies. Il est temps de choisir clairement : soit on est au service de l’intérêt général et de la sécurité publique, soit on exerce une activité commerciale privée. Mais pas les deux en même temps.