mardi, septembre 17, 2013

La cour Européenne des Droits de l'Homme n'a pas jugé notre requête comme "recevable"

Voilà, ce blog est terminé. 

Je suis allé au bout de cette histoire. J'avais crée une superbe entreprise, une belle start up, je n'ai pu travailler normalement que pendant 4 années, de 1982 à 1986, après cela a été l'horreur. Je n'aurais jamais imaginé que les administrations françaises en Haute Savoie puissent être aussi malhonnêtes et malveillantes. Derrière se cachent, cela ne fait aucun doute, des réseaux mafieux qui font du fric de toutes sortes de façons et notamment dans l'immobilier. Rien de nouveau sous le soleil.

Cette entreprise m'a d'une façon certaine sauvé la vie. Depuis la trilogie solitaire et hivernale des grandes faces nord des Alpes, Cervin, Grandes Jorasses, Eiger, j'étais aspiré par les cimes, toujours plus haut, plus loin, K2, Mitre Peak, Mac kinley, Aconcagua, et Makalu. Là, dans cette tentative hivernale et solitaire au pilier ouest, j'ai compris que j'allais trop loin. L'entreprise crée à Chamonix m'a permis d'arrêter à temps, de penser à autre chose. Elle servait à cela, comme un coupe feu entre cette aspiration vers les ascensions extrêmes et la vie plus terre à terre. Survivre à cette passion dévorante! Je ne compte plus les amis morts en montagne, Une pensée pour Pierre Beghin, Jean Marc Boivin, Jean Christophe Lafaille, Yannick Seigneur, Tsunéo Hasegawa, Chantal Mauduit, Rahel Maria Liu et tant d'autres. Je revois leurs yeux brillants de passion, je revois cette aspiration vers les cimes, là haut, tout là haut...

Je me souviens des paroles d'Achille dans les vers d'Homère...Vivre, encore et toujours, le plus longtemps possible.Nos vies sont si courtes. Il est tant de belles choses à voir. Je ne regrette rien. Le plus dur, ce fut ces 20 années passées à Chamonix, un vrai voyage dans l'horreur, mais bon, c'est du passé, le contre feu a fonctionné. 

La passion est toujours là, elle est plus calme, plus raisonnable. L'aspiration n'est pas éteinte, elle est juste apaisée par l'expérience.

Et puis, j'ai trouvé le Graal, j'ai touché le super Jackpot, au moment où je m'y attendais le moins, en juin 1998, une apparition qui traverse les murs de ma maison pour me dire bonjour. Jusque là, je l'entendais, Elle me parlait dans ma tête. Oui, je suis schizo, j'entends des voix, je vis en permanence avec des poltergeists plus ou moins spectaculaires, c'est ainsi et j'adore ma schizo, ce n'est pas du tout de la folie, c'est une porte incroyable sur l'Invisible. A présent j'en suis aux "freundligeists", à la présence amicale de cette Apparition, et je l'adore et Elle me fait rire.

Si vous êtes alpiniste, ne vous brûlez pas les ailes en montagne. Restez prudents, aucune montagne ne vaut que l'on aille y perdre la vie.

Si vous êtes assez fou pour créer une entreprise en Haute Savoie ou en France, alors merde ou bonne chance, parce que vous êtes vraiment fou.

La Cour Européenne des Droits de l'Homme n'a pas daigner juger...sauf que une décision a déjà été rendue par la Justice Athanatique et cette dernière décision est sans appel, la France et tous ceux qui s'en sont pris directement ou indirectement, et quelques soient les moyens utilisés, à Monsieur Ghirardini Ivano, mandataire spécial auprès de cette Justice Athanatique, suite à l'apparition de juin 1998 à Chamonix, sont clairement informés qu'ils doivent restituer tous les biens volés, tout remettre en état et verser deux cent quarante millions d'euros plus la somme réclamée dans les requêtes contre la France. La date d'effet de cette injonction est de juin 1998 et tous les frais, intérêts et autres courent depuis cette date. La France et toutes les personnes, âmes ou autres impliquées ne peuvent ignorer cette injonction et ne pourront prétendre ne pas avoir été informés lorsqu'il faudra comparaitre devant la Justice Athanatique.

Le plus amusant c'est que cette apparition décrite sur ce site:
http://uneange.blogspot.com
m'a demandé d'adresser un titre exécutoire sous cinq jours. Bon, je n'ai pas fait cela. Pour les crétins qui se croient malins, le titre exécutoire, vous avez des exemples dans les lettres que Jeanne adressait aux Anglais, ou avec Gylippe lors de son arrivée en Sicile, qui ordonnait aux Athéniens d'évacuer cette île sous cinq jours. Bon, ma Copine dans l'Invisible a beaucoup d'humour, mais il faut se méfier de l'humour des Athanatos.

Le meilleur à Tous.

Ivano Ghirardini



GHIRARDINI contre FRANCE

Exposé des faits

Monsieur Ghirardini Ivano est guide de Haute Montagne depuis 1978. Il est connu pour de nombreuses premières dont la « Première Trilogie Hivernale Solitaire des Faces Nord du Cervin, des Grandes Jorasses et de l'Eiger », la « Première en Solitaire de la face Sud de l'Aconcagua », entre autres. (pièces II-1 et II-2)
En 1978, il devient conseiller technique de Grandes marques comme Lafuma par exemple. En 1982, il crée sa propre entreprise de fabrication et vente d'articles de sport, nommée au début « Ivan Ghirardini sarl » et rebaptisée ensuite « Sarl Trabbets Créations » à Chamonix. Le succès est très rapide. En 1986, cette entreprise est classée meilleure entreprise artisanale de Haute Savoie. Monsieur Ghirardini achète 4 terrains dans la Vallée de Chamonix et les murs de deux boutiques. (pièces II-10 à II-13)
Dès 1987, il est l'objet de séries de contrôles administratifs. Monsieur Ghirardini Ivano a été réformé du service militaire en 1973 pour des motifs psychiatrique et classé P4 soit un maximum dans l'échelle des taux de réforme. Il ignore tout cependant de sa situation et du fait qu'il a été diagnostiqué schizoïde paranoïde par l'armée dès 1973. En 1988, lors d'un contrôle de l'Urssaf de Haute Savoie, il est victime d'un grave accident du travail avec des amputations à la main gauche. (pièces II-14 à II-20) . Monsieur Ghirardini Ivano est l'objet, de troubles de voisinage, de vols, de cambriolages, de destruction de biens et se sent en insécurité à Chamonix. A la schizophrénie se rajoute une psychose et ces deux troubles psychiatriques ne vont faire que s'amplifier faute de traitements appropriés. Il existe cependant un paradoxe qui sera confirmé par la suite par l'excellent psychiatre qui soignera Monsieur Ghirardini Ivano à partir de fin 2007. Le premier c'est que le danger à Chamonix est bien réel pour un guide indépendant considéré comme un « étranger » à la Vallée de Chamonix. Le deuxième, c'est que la psychose a pour but de protéger, de garder en vie, quitte à ne pas se défendre, à mal se défendre, à vouloir se défendre soi même. Les psychiatres connaissent bien cette stratégie de la fuite. La psychose développée par Monsieur Ghirardini dès 1988 constitue une preuve.
La Haute Savoie, est un département qui sous une apparence de cartes postales peut cacher des affaires criminelles particulièrement violentes, comme le drame de la « secte » OTS, l'assassinat de la famille Flactif au Grand Bornand, ou bien plus récemment la tuerie de Chevaline par exemples. Ces affaires sont toutes opaques et les administrations françaises en Haute Savoie nous donnent des versions peu crédibles. La Vallée de Chamonix est secouée régulièrement par des « éliminations », des « liquidations » de guides indépendants, des « étrangers » à cette Vallée et en latin, nous le rappelons, l'étranger c'est l'aliénus. En 1971, par exemple, un jeune Guide est privé de secours pour des raisons fantaisistes et décède en montagne, (pièces II-3 à II-9) , quelques mois plus tard les secours sont « nationalisés » en France. Dans ces affaires il faut toujours poser cette question simple, à qui profite le crime ?
Selon André Vitu, professeur de droit : « la violence s’exprime sous la forme d’agres­sions physiques ou de meurtres, de menaces, de destructions de biens. » Vous trouverez en annexe un descriptif de cette violence dans cette affaire Ghirardini / France. Il faut y rajouter une technique de meurtre à petit feu, soit par une succession d'actes administratifs qui, pris séparément, semblent « normaux », bien que tous entachés d'irrégularités, mais qui mis bout à bout constituent une technique d'élimination très efficace, surtout s'ils se répètent comme autant de vagues successives. Un individu, une entreprise ne peuvent pas lutter contre de telles pratiques administratives. Alors pourquoi éliminer un individu et une entreprise ? Parce qu'il existe en France une telle opacité administrative qu' il est très facile pour des réseaux structurés de saisir des actifs et surtout des actifs immobiliers . Il est facile pour des fonctionnaires en place de détourner les moyens de l'état avec une totale impunité. En Haute Savoie, l'existence d'un réseau comprenant des élus locaux, des juges, des avocats, des policiers, tous liés pour faire de l'argent dans l'immobilier semble une évidence. Provoquer artificiellement des faillites, saisir les actifs, liquider, racheter en dessous des prix réels, revendre, des techniques déjà en pratiques dans la Rome antique et toujours aussi efficaces.




Troubles de voisinages dès 1986, orchestrés par la police ! Contrôles administratifs à répétition de 1986 à 1988, jusqu'à un grave accident du travail. Vols, cambriolages, destructions de biens, dont on peut penser qu'ils sont commis par la Police Française, faux et usages de faux, terrorisme administratif. Non, ce n'est pas de la paranoïa, c'est la réalité. Et le coté schizoïde déclenche la psychose qui constitue une preuve. Les contrôles recommencent en 1993. Il est visible que ce réseau qui s'enrichit dans l'immobilier possède de très solides appuis avec le parti politique RPR devenu UMP et qu'il se sert de ses relations pour agir lorsque ce parti est au pouvoir, ce qui était le cas de 1986 à 1988 et de 1993 à 1997. En 1995 les « liquidations » judiciaires commencent et elles deviennent définitives en 1997. Il est facile de comprendre que ce réseau qui n'a plus ses relations au pouvoir en 1997 va attendre le retour du RPR, rebaptisé UMP, au pouvoir en 2002, pour réaliser les actifs et capter ce patrimoine immobilier d'une valeur d'environ un million cinq cent mille euros à ce moment là. Ce n'est pas un patrimoine très important, mais suffisant pour ce réseau qui fait dans les « liquidations en gros » en Haute Savoie. L'affaire Vogne, où un assureur à vécu une situation très similaire et a pu monter la corruption des juges de Haute Savoie qui se faisaient offrir des cadeaux par les liquidateurs judiciaires en échanges de décisions favorables, montrent que l'affaire Ghirardini/ France n'est pas du tout un cas isolé. (pièce II-21)

Les ventes aux enchères se terminent en octobre 2002. il faudra attendre fin 2010 pour que la liquidation d'une entreprise avec plus d'actif que de passif soit définitive ! Début 2010, Monsieur Ghirardini porte plainte pour l'ensemble des faits depuis 1986, considérant qu'il s'agit d'une seule affaire criminelle. Le Procureur d'Annecy, le même qui ne cherche pas vraiment les coupables dans la tuerie de Chevaline, classe cette plainte sans suite en juin 2012. Monsieur Ghirardini saisit la justice administrative en plein contentieux contre l’État après avoir présenté une requête en ce sens à la Préfecture d'Annecy. Le Tribunal Administratif de Grenoble, la Cour d'Appel Administrative de Lyon et le Conseil d’État bottent en touche sans juger sur le fond et en refusant l'aide juridictionnelle.
C'est après le rejet par le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, tous les recours nationaux étant épuisés, et avant la fin du délai de six mois, que Monsieur Ghirardini se décide à engager cette requête devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, estimant que ses droits fondamentaux n'ont pas été respectés comme il entend le montrer par cette requête.
Exposé de la ou des violation(s) de la Convention et/ou des Protocoles alléguée(s), ainsi que des arguments à l'appui
Dans l'affaire Ghirardini/France nous estimons que la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été violée en ses articles 2, 3, 6, 7, 8, 13, 14

ARTICLE 2 : « le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi » . Dans cette affaire, Ghirardini/France, c'est bien au contraire le prétendu recours à la loi qui met en danger la vie de Monsieur Ghirardini dès 1986 et les premiers contrôles administratifs. C'est le non respect des lois par les administrations, y compris l'administration judiciaire qui permet le meurtre à petit feu, étalé sur près de 25 années. Il est difficile d'apporter des preuves dans ce cas puisqu'il faut rajouter une à une toutes les pressions exercées pour se rendre compte qu'elles peuvent tuer. Nous nous contenterons d'un seul exemple pour illustrer cela. La trésorerie de Chamonix fait saisir le Revenu Minimum d’Insertion attribué à Monsieur Ghirardini, revenu non saisissable d'après la loi puisqu'il s'agissait d'un minima social, pour soit disant une taxe d'habitation non payée, alors même que les bénéficiaires de ce type de minimas sont d'après la loi exonérés de ces taxes et redevances. C'est l'exemple même où les administrations ne respectent plus les lois qu'elles demandent aux citoyens de respecter, font dans le refus d'accorder des droits, et plus simplement, cela montre que la trésorerie de Chamonix fait partie de ce réseau dénoncé précédemment (II.14). C'est dans le sens d'une violation des obligations positives de l’État Français qu'il faut comprendre cette violation de l'article 2. « Les États ont l'obligation de prendre les mesures nécessaires à la protection de la vie des personnes » ; « impossibilité d’engager des poursuites » ; « caractère ineffectif d'enquêtes ou de poursuites ». (pièces III-22 à III-35)

ARTICLE 3 : « nul ne peut être soumis à des traitements dégradants », C'est la conséquence du point ci dessus, chaque acte pris séparément dans cette succession d'actes administratifs malveillants qui en globalité visent à « tuer », à « liquider », est en soi un traitement dégradant. Exemple, lorsque le juge Turc Michel et le Tribunal correctionnel de Bonneville (Haute Savoie), prononcent une peine d' un an d'interdiction d'exercer son métier à l'encontre de Monsieur Ghirardini (pièce II-17), le but est évidement de priver Monsieur Ghirardini de toutes ressources et donc de le « tuer », mais c'est aussi un traitement dégradant, comme pour la saisie d'un minima social par la trésorerie de Chamonix, car il s'agit en fait de bloquer tous les comptes bancaires, en sus, et de provoquer des interdictions en cascades. « implique « une douleur ou souffrance aiguës, physique ou mentale », infligées « intentionnellement » par des agents de l'État. » Nous sommes bien dans ce cas et de façon répétitive et orchestrée de 1986 à 2011. La psychose développée par Monsieur Ghirardini constitue une des preuves.(pièces III-69 à III-70)

ARTICLE 6 :  « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, ... » L'affaire Vogne a montré l'existence d'un système de corruption de la justice en Haute Savoie (pièce II-21), les victimes se comptent par centaines et ces mêmes « tribunaux indépendants et impartiaux » assurent la protection des juges et auxiliaires de justice par le biais des prescriptions. L'affaire Ghirardini./France montre que ces même tribunaux ne respectent pas les lois qu'ils demandent aux citoyens de respecter. Exemple : le délai maximum pour une liquidation d'entreprise est de trois ans. En cas de dépassement, le liquidateur doit demander une prolongation de son mandat. Maître Blanchard Jean, déjà cité pour corruption active de magistrats dans l'affaire Vogne, ne respectera aucun délais, il s'accordera lui même plus de 15 années pour « liquider » la société Trabbets Créations et Monsieur Ghirardini, c'est à dire pour s'assurer que tous les fonctionnaires impliqués dans les irrégularités de cette affaire soient bien protégé par la prescription. « Sur un plan national, le délai raisonnable du jugement est assuré à l'article L 111-3 du code de l'organisation judiciaire. En effet, il est clairement dit que: "Les décisions de justice sont rendues dans un délai raisonnable". » ; « Les juridictions compétentes pour contrôler le caractère raisonnable ou non du délai sont les juridictions administratives.» ; « La CEDH a précisé qu’en cas de violation du droit à un délai raisonnable, le requérant doit pouvoir disposer d’un recours effectif devant une instance nationale permettant de se plaindre de cette violation. ». Ces trois dernières dispositions ne sont pas respectées ainsi que le montre l'affaire Ghirardini/France : le non respect du délais de trois ans pour clôture d'une liquidation judiciaire et le refus de la juridiction administrative (Tribunal administratif, cour d'appel administrative, Conseil d’État) d'accorder un recours effectif. (Pièces III-36 à pièces III-43) (pièce III-43 à pièces III-65)

ARTICLE 7 :  « nul ne peut être condamné pour une action...qui...ne constituait pas une infraction d'après le droit national... » C'est directement la conséquence du point ci dessus, lorsque les tribunaux ne respectent pas eux même les lois, ils sont frappés de fait d'illégalité et ne peuvent de fait, plus continuer à prendre toute une série d'ordonnances qui sont toutes dirigées contre la personne ou l'entreprise à « liquider ». Il était illégal de confisquer les biens de Monsieur Ghirardini Ivano, dans la mesure ou le liquidateur Blanchard jean n'avait plus de cadre légal pour exercer et requérir Contre Monsieur Ghirardini, ce que ne pouvaient ignorer les tribunaux de commerce de Haute Savoie ainsi que la Cour d'Appel de Chambery. (Pièces III-36 à pièces III-43) (pièces III-43 à pièces III-65)

ARTICLE 8 : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Prenons un exemple qui permettra de comprendre pourquoi l'article 2 a bien été violé par une succession d'actes malveillants dont la globalité met en question le droit fondamental à la vie et qui pris séparément montre que nous sommes bien dans une violation de l'article 8. En 1996, Monsieur Ghirardini a été incarcéré à la maison d'arrêt de Bonneville (74) pour une durée de 4 mois sous le régime de la semi liberté. Au bout d'une semaine, le juge Guesdon, juge d'application des peines, révoque ce régime de semi liberté et passe à la détention ferme, sans raisons sérieuses. Pendant cette peine devenue ferme, Monsieur Ghirardini se fait voler sa voiture une R19 3068TB74, se fait cambrioler son appartement ainsi que son atelier ! Il porte plainte et bien évidement , les coupables ne seront même pas recherchés et tout laisse supposer que ces méfaits ont été commis par les policiers de la Diccilec des Houches. Pendant cette peine ferme, les juges Turc Michel et Guesdon Franck essaient de forcer les ventes aux enchères des biens appartenant à Monsieur Ghirardini qui n'en est même pas informé. Toutefois, ces ventes sont reportées par la Présidente du TGI de Bonneville qui n'a pas apprécié que Monsieur Ghirardini, incarcéré soit cambriolé pendant sa détention, ce qui montre que tous les juges en poste ne font pas forcément partie de ce réseau, dénoncé dans la partieII. Monsieur Ghirardini est libéré le 4 juillet. Le 7 juillet, il aurait du recevoir une lettre AR l'informant d'une convocation au TGI de Bonneviolle pour le 10 juillet, mais tout son courrier est intercepté par Maître Blanchard, depuis le début de la liquidation et ne lui est remis qu'avec un retard de plusieurs semaines parfois. Le 10 juillet , en dehors de la présence de Monsieur Ghirardini, les juges Turc Michel et Guesdon Franck, prennent la décision d'étendre au gérant, Monsieur Ghirardini Ivano, la liquidation de la sarl Trabbets Créations. Nous sommes bien dans des violations multiples de cette convention et notamment de l'article 8.

ARTICLE 13 : « Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles. ». Aucun des recours engagés par Monsieur Ghirardini devant des instances nationales n'a été examiné de façon sérieuse par les instances saisies. Alors que Monsieur Ghirardini Ivano évoque clairement le non respect des articles L643-9 et 237-21 du code du commerce par Maitre Blanchard Jean et par les juges en charge de cette liquidation et qui de fait, par leurs jugements ou ordonnances rendues « au nom du peuple français », engagent clairement la responsabilité de l’État, les seules réponses seront des réponses particulièrement méprisantes à l'égard de ce citoyen et donc de tous les citoyens par conséquence. Le Procureur de la République Monsieur Eric Maillaud, classera sans suite la plainte déposée avec constitution de partie civile des début 2011, par Monsieur Ghirardini, en invoquant des motifs très fantaisistes et peu sérieux. Quand à la Préfecture de Haute Savoie, saisie en plein contentieux, elle ne daignera pas répondre, laissant la justice administrative, (Tribunal Administratif de Grenoble, Cour d'Appel Administrative de Lyon, Conseil d’État) invoquer l'article R 222-1, un article purement administratif, pour refuser par trois fois l'aide juridictionnelle et par trois fois refuser de juger sur le fond, sans argumenter en rien les raisons du recours à cet article R222-1qui est un article qui dissimule le recours massif au déni de justice par les juridictions administratives en France.

ARTICLE 14 :  « La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. » Nous évoquons ici le problème rencontrés par certains guides indépendants dans la vallée de Chamonix, qui doivent être considérés comme une minorité qui peut se retrouver en danger (article 2 ) dans cette vallée de Chamonix et le Massif du Mont Blanc.
De 1986 à 2013, la technique du meurtre à petit feu. Nous estimons que la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'a pas été respectée par la France. Violation des articles 2, 3, 6, 7, 8, 13,
Exposé relatif aux prescriptions de l'article 35 § 1 de la Convention
Conseil d’État, Bureau d'Aide Juridictionnelle. Refus d'accorder l'aide juridictionnelle du 28/03/2013 confirmé par lettre du 03/04/2013. Il est à noter que le bureau d'aide juridictionnelle se permet de « préjuger » l'affaire Ghirardini / France . Il invoque à cet effet l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 en prétextant qu'en « matière de Cassation, l'aide juridictionnelle est refusée au demandeur si aucun moyen de cassation sérieux ne peut être relevé ». Un moyen efficace pratiqué dès la première instance, le Tribunal Administratif de Grenoble, repris par la Cour administrative d'appel de Lyon en deuxième instance, qui permet à de simple bureau d'Aide Juridictionnelle de refuser l'accès au droit à des citoyens qui attaquent l’État et les dysfonctionnements des services de l’État, de ses agents et auxiliaires. Il est à noter qu'à chaque fois, ces refus sont accompagnés de formules types, ne tiennent absolument pas compte des requêtes et pièces adressées de façon régulière aux Tribunaux. Ces mêmes Tribunaux, Tribunal Administratif de Grenoble, Cour Administrative d'Appel de Lyon, « jugent » ensuite par des ordonnances avec des formules types en faisant référence à des articles de droit interne à la justice administrative comme R322-1 pour ne pas juger et débouter systématiquement. A aucun moment, devant la justice administrative, les recours n'ont été effectifs, l'aide juridictionnelle a systématiquement été refusée par l'usage de lettres et formules types, sans examens du bien fondé des droits. Les requêtes ont systématiquement fait l'objet d'ordonnances expéditives de rejets, là encore par recours à des formules types avec des références à des articles de justice administrative sans aucune motivation en droit sérieuse et fondée.

Exposé de l'objet de la requête

Au vu des violations des articles 2, 3, 6, 7, 8, 13, 14 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au vu de l'épuisement de toutes les voies de recours en France, au vu du respect de la règle des 6 mois pour présenter cette requête, le denier recours s'étant achevé fin mars 2013 et cette requête adressée au greffe fin juillet 2013 soit 4 mois, dans cette affaire GHIRARDINI / FRANCE Monsieur Ghirardini Ivano affirme avoir été victime d'une spoliation de l'ensemble de ses biens par une procédure de liquidation judiciaire entachée d'illégalités répétées au vu des lois de la République Française et notamment du devoir de respecter un délai maximum de trois années pour la durée maximum des liquidations judiciaires, les délais réels dépassent les 18 années !!! De plus, Monsieur Ghirardini, diagnostiqué Schizoïde paranoïde dès 1971 estime avoir été victime d'une spoliation par abus de faiblesse, son état psychique qui l’empêchait de se défendre normalement, ce qui constitue une circonstance aggravante des violations des articles 2, 3, 6, 7, 8, 13, 14 de la Convention. De plus Monsieur Ghirardini Ivano, estime avoir été victime d'un réseau organisé en Haute Savoie, composé de juges, de fonctionnaires divers, de mandataires et auxiliaires judiciaires, spécialisés dans ces captations de patrimoines, réalisations d'actifs, spoliations et ceci est confirmé par l'affaire Vogne et d'autres affaires avec souvent comme signatures des prescriptions par dépassement des délais, de la corruption active d'agents de l’État, des activités annexes criminelles pour déstabiliser les victimes (chantages, intimidations, destructions de biens, vols et cambriolages, coups et blessures, …)
En Conclusion, Monsieur Ghirardini Ivano demande réparation des préjudices subis  sous forme d'une indemnisation de 1 661 204 euros.
Nous n'avons pas saisi une autre instance internationale

17/05/95
Liquidation de la sarl Trabbets Créations
Tribunal de Commerce de Bonneville
10/07/96
Liquidation personelle de Monsieur Ghirardini Ivano
Tribunal de Commerce de Bonneville
15/01/11
Clôture définitive des liquidations de la sarl Trabbets Création et de Monsieur Ghiradini Ivano
Tribunal de Commerce d'Annecy
15/01/11
Dépôt d'une plainte auprès du Procureur de la République d'Annecy contre Maître Blanchard Jean et contre l’État.
Violation des articles 434-7-1
432-7
225-1
313-4
313-1 à 313-3
221-1
du code pénal
violation des articles
L643-9
237-12
237-21
225-24
du code du commerce et notamment du délais de trois ans pour clôturer une liquidation.
Procureur de la République
Copie adressée à Monsieur le Procureur Général à Chambery
19/06/12
Classement sans suite de la plainte par le Procureur de la République Monsieur Eric Maillaud

09/07/12
Ouverture d'une procédure en plein contentieux contre l’État
Lettre Avec Ar adressée à la Préfecture de Haute Savoie



10/09/12
Absence de réponse de la Préfecture de Haute Savoie
L'absence de réponse peut être interprétée comme un accord tacite
12/09/12
Saisie du Tribunal Administratif de Grenoble

26/09/12

Rejet de la requête par le Tribunal Administratif de Grenoble

05/11/12
Saisie de la Cour Administrative de Lyon
Mémoire complétif adressé le 16/11/2012
06/03/13
Rejet de la requête par la Cour administrative d'Appel

21/03/13
Pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat

28/03/13
Rejet de la demande d'accorder l'Aide juridictionnelle ce qui rend de fait caduque le pourvoi en cassation puisque l'avocat est indispensable pour le pourvoi
Les revenus de Monsieur Ghirardini sont nettement insuffisants pour recourir aux services d'un avocat auprès du Conseil d’État sans Aide juridictionnelle à 100%
31/07/13
Saisie de la Cour Européenne des Droits de l'Homme
Le délai de 6 mois est respecté entre la dernière décision de la dernière juridiction saisie et la saisie de la Cour Européenne des Droits de l'Homme

vendredi, juillet 19, 2013

SHAHRZAD JOUE ET GAGNE

« Existe t'il près d'ici quelque indigène habile à interpréter le chant des oiseaux? »
 (Eschyle, Les Suppliantes)










SHAHRZAD JOUE ET GAGNE







Pièce de Théâtre en V actes qui peut aussi se jouer sous forme d'une petite trilogie :

  1. VENEZ DONC FAIRE UN TOUR SUR MON TAPIS VOLANT
  2. LES NAUFRAGES D'ORMUZ
  3. LE DESERT DE GEDROSIE
  4. TEHERAN
  5. FREUDA, LAGRENOUILLE SAVANTE DE BAGDAD

(les actes 1, 2-3-4, 5 peuvent se jouer sous forme de trois petites pièces séparées)


(C) Ivano Ghirardini, tous droits réservés, 2008

ACTE I
VENEZ DONC FAIRE UN TOUR SUR MON TAPIS VOLANT
<SHEHERAZADE> <LE PRINCE> <ALI> <LE MARCHAND> <LE CHŒUR Blanc> <LE CORYPHÉE> < LE CHŒUR noir> <LE VIEUX SAGE>
Bagdad, Shahzad s'initie aux voyages en tapis volant et s'envole pour les hautes montagnes d'Iran...



<SHEHERAZADE>
"quoi, c'est donc là ce tapis merveilleux dont vous nous dites, mon prince, qu'il peut voler. Il ressemble plus à je ne sais quel paillasson pour chien devant une porte d'entrée qu'à un tapis volant. Vous moquez vous, mon cher?"

<LE PRINCE>
"Non, pas du tout, ma douce, ma très chère, pas du tout. Je l'ai acheté très cher à un Mage de Bagdad qui m'a assuré qu'il volait fort bien. Une pièce rare qui m'a coûté une fortune. Mais que ne ferais je pas pour vous faire plaisir. Vous savez combien je vous aime".

<SHEHERAZADE>
"Est ce moi que vous aimez tant, ou bien mes histoires dont vous ne pouvez vous passer, le soir, alors que votre tendre épouse dévouée aimerait bien autre chose de son époux."

<LE PRINCE>
"Oui, je sais, je suis devenu impotent avec l'âge, mais votre présence me comble de bonheur. Ne vous ai-je pas en plus offert Ali, pour me remplacer, là où je ne puis plus vous satisfaire. Tiens justement le voilà, ce fourbe, cette canaille qui vous plaît tant."

<ALI>
" Bonjour mon Prince et ma Maîtresse, quelle belle journée, vous ne trouvez pas?"

<SHEHERAZADE>
"justement mon cher Ali, nous parlions de toi. Le Prince vient de m'offrir ce cadeau inestimable, ce tapis que vous voyez ici, et dont on m'assure qu'il peut voler. Allons, partons l'essayer tout de suite. Allons raser les minarets de Bagdad et faire taire ce muezzin qui nous rompt les oreilles depuis ce matin avec son appel à je ne sais quelle prière.

<ALI>
"Vous ne devriez pas parler ainsi ma princesse, et puis tout compte fait, ce tapis ne me rassure pas du tout. Je crois que je devrais aller ratisser vos jardins".

<SHEHERAZADE>
"Vous saviez bien que mes ordres ne se discutent pas. Allons asseyez vous et taisez vous. bisous, mon Prince, et à ce soir. Je vous raconterais notre voyage."

<ALI> à mi voix pour lui même
"Ma maîtresse est folle. Mais elle est si belle. Où veut elle donc m'emmener cette fois. Espérons que nous n'allons pas nous fracasser sur le Bazar endormi".

<SHEHERAZADE>
"Comment faire décoller cette paillasse dont aucun chien ne voudrait. Tenez vous bien mon cher Ali. A mes hanches, pas à mes seins, pauvre idiot! On ne sait jamais, des fois que nous finissions dans les eaux froides du Tigre. Bon, si je me souviens, ce tapis devrait obéir à ma pensée. Voyons, voyons, où aller pour ce premier voyage ? Les montagnes d'Iran...oui, cela me semble bien. Peut être surprendrons nous quelque sage à qui nous pourrions demander notre route?"

<ALI>
"Mince, damnation, voici bien que nous montons dans les airs ! Aucun filet, aucune rembarre, je suis déjà mort de trouille. Et avec les cheveux de Shéhérazade qui volent en tout sens, je n'y vois rien."

<SHEHERAZADE>
"Pouvez vous vous taire un instant, et cesser de me serrer les hanches si fort, vous me déconcentrez. Voilà, ce tapis magique fait exactement ce que je veux. Il va bien là où mon esprit le désire. Accrochez vous, mon tendre Ali, il est temps d'accélérer si nous voulons être rentrés pour ce soir. "

<ALI>
" oui, c'est vraiment extraordinaire ! nous dominons le monde !"

<SHEHERAZADE>
" Il est dit dans les livres sacrés des Indes que pour atteindre la sagesse il faut que notre esprit soit comme l'aigle, qu'il puisse voler au dessus des cimes majestueuses de l'Himalaya."

<ALI>
"Maîtresse, ma douce princesse, si nous faisions une pose. Voyez vous ce petit village là bas, sur la droite, nous pourrions nous arrêter et nous sustenter un peu. Nous avons déjà fait un si long chemin."

<SHEHERAZADE>
"Oui, bonne idée, à force d'être assise sur ce tapis magique, j'éprouve le besoin de me dégourdir les jambes. Mais restons des visiteurs discrets et demandons aussi notre route. Voilà, je vais me poser un peu à l'écart. Nous ferons le reste à pieds."

<ALI>
"C'est vraiment magnifique par ici, les campagnes semblent bien entretenues, avec plein de petits canaux d'irrigation. Vous avez vu comme ces peupliers et ces abricotiers sont vigoureux. Les hommes doivent être sages et paisibles par ici."


<SHEHERAZADE>
"oui, j'adore cet endroit. L'air est si pur."


<ALI>
"Bonjour, pourrions nous boire un café dans votre échoppe?"

<LE MARCHAND>
"Non, mes braves visiteurs, mais un bol de soupe chaude avec du pain, cela oui. D'où venez vous donc. je ne vous ai jamais vu par ici."

<SHEHERAZADE>
"Nous venons du pays où tous les rêves sont permis"

<LE CHŒUR Blanc>
"Vers quelles aventures veut encore nous conduire la si belle et douce Shéhérazade, la femme aux fines chevilles aux pieds toujours dansants? Devons nous la suivre sans crainte? Les dieux lui ont donné ce goût des voyages, mais elle n'est pas messagère, elle n'est investie d'aucune mission. Ce n'est qu'une libertine, une libertaire, une femme en fragmentions, toujours prête à tout remettre en questions."

<LE CORYPHÉE>
"Suivons la gaiement. Elle n'a point de flûte dans sa poche. Ce n'est pas une marchande d'illusions".

<LE CHŒUR blanc>
"Mais voici déjà des voix remplies de haine qui montent en puissance. Ce n'étaient que murmures au début, mais à présent elles grondent, terribles."

<LES SECTAÏRES D' ORPHAM- le chœur noir>
"Laisserons nous cette garce, cette petite femme intrépide s'immiscer dans notre monde? Nous ne la voulons point. Elle ne cherche que l'aventure. Il nous faut lui faire très peur pour qu'elle s'en aille et ne revienne jamais."

<LES PRÊTRESSES DE CALIS - le chœur noir>
"Voici une intruse, une chienne lubrique, une dévergondée, une insoumise. Elle n'obéit à personne. La laisserons nous découvrir tous nos secrets? Il nous faut lui tendre un piège dont elle ne puisse se défaire. Fabriquons une de nos maléfices pour la retenir prisonnière, elle et son amant, dans ce monde où elle n'aurait jamais du venir."

<SHEHERAZADE>
"Non, Ali, ne reprenez pas encore de cette soupe si délicieuse, il est temps de partir. Et puis cessez donc de regarder les jolies filles de ce village. On dirait un mort de faim."

<ALI>
"Que voulez vous Maîtresse, ici, elles ne portent pas le voile, leurs jambes sont nues, et leurs bottes de cuir avec toutes ces pierres et ces cordons de couleur sont très érotiques. Vous avez vu combien leurs petits chapeaux sont amusants. Et leurs yeux, leurs sourires. Elles sont saines et fort gaies, ma foi. Oui, j'avoue elles me plaisent beaucoup ces filles."

<SHEHERAZADE>
"elles sont vraiment adorables, mais partons, je vous prie. Payez au Marchand son dû et partons, je suis toute excitée par ces voyages. Vous avez toujours le tapis, j'espère. Veillez bien sur lui, il est notre bien le plus précieux."



<ALI>
"Oh, pas de risques qu'on me le vole, surtout ici, les gens ne semblent attacher aucune importance à l'argent, au fait de posséder ou d'accumuler des choses. Leur richesse c'est bien le bonheur qu'ils portent sur eux. Combien nous devons, mon brave marchand pour cette délicieuse soupe. Ma maîtresse veut que nous partions. Moi je resterais bien pour finir toute la marmite, mais il me faut la suivre."

<LE MARCHAND>
"Mais vous ne me devez rien rien voyons. Ici nous n'avons pas de monnaie. Nous nous rendons des services suivant nos besoins. Moi je préfère rester aux fourneaux. J'adore la cuisine. Les paysans m'apportent leurs produits et je leur fait de bons repas. Ici, tout est à tout le monde."

<ALI>
"Même les femmes?"

<SHEHERAZADE>
"Pourriez vous vous taire un peu, vous allez les gêner avec vos idées bien polissonnes. "

<LE MARCHAND>
"Pas du tout, votre serviteur ne me gène en rien. Il aime la vie et les belles femmes, cela se voit dans ses yeux. mais je lis aussi qu'il n'a d'amour que pour vous. Il ne vous aime pas, il vous adore comme si vous étiez une déesse."

<SHEHERAZADE>
"Oui, je sais, il est collant parfois"

<ALI>
"Bon, me voilà installé, maîtresse. Venez donc vous caler entre mes genoux et partons puisque vous y tenez tant."

<SHEHERAZADE>
"Voilà, nous montons déjà. Il me semble que je contrôle désormais aussi bien ce tapis, que ce membre imposant que vous avez entre les jambes et qui m'obéit à volonté depuis longtemps déjà. Bien, voilà la montagne dont nous a parlée le marchand, là, sur la droite."

<ALI>
"oui, je vois bien un petit lac cristallin, aux eaux si pures que l'on voit d'ici les éclats d'argent des poissons. Et plus haut dans la falaise, la fameuse grotte dont il nous a été dit qu'elle abritait un vieux sage, un anachorète coupé du monde et de ses horreurs. Vous la voyez , ma douce Maîtresse. Puis je vous embrasser la nuque sans vous déconcentrer?"

<SHEHERAZADE>
"Oui, nous y sommes. Je vais me poser devant l'entrée. Ohé, olla, il y a quelqu’un par ici?"

<LE VIEUX SAGE>
"Quoi encore! Merde ! Encore une greluche et son bellâtre qui viennent me déranger. Vous ne pourriez pas aller à Lassa, au Vatican ou à La Mecque vous faire cuire un œuf? Je tiens à mon silence. Allez au diable les grenouilles en mal de spiritualité."




<ALI>
"Veux tu donc te taire, vieux fou. Tu t'adresse à une princesse de haut rang à Bagdad et son époux pourrait te faire couper la tête pour insolences."

<LE VIEUX SAGE>
"Essaie donc, fripouille, suborneur de jolies femmes, stupide amant esclave de son sexe et qui n'a que sa semence à répandre devant les yeux."

<SHEHERAZADE>
"Laissez donc là cette querelle qui me déplaît au plus haut point. Je ne suis pas venue pour voir des coquelets s'affronter. Votre sagesse vieil homme n'est elle donc qu'insultes jetées au vent?"

<LE VIEUX SAGE>
"Il n'est point de sagesse en ce monde. Partout ce n'est que mensonges et hypocrisies. C'est bien pour cela que je préfère la compagnie des aigles et des chocards à celle des hommes. Oui, vous m'importunez, vous la greluche pomponnée, toujours prête à écarter les cuisses devant votre amant que vous avez choisi stupide à souhait mais monté comme un âne. Vous n'êtes qu'un puit de débauches à vous toute seule."

<ALI>
"Olla, du calme, vieil homme ou je te rosse sur le champ."

<SHEHERAZADE>
"Laissez donc Ali, je vous est déjà dit d'abandonner toute colère. Laissons ce vieux sage parler. N'a t'il pas raison? N'existe t'il pas un proverbe persan qui dit que s'il faut dire la vérité, mieux vaut acheter d'abord un bon cheval?"























ACTE 2
LES NAUFRAGES D'ORMUZ
<ALI> <SHEHERAZADE> <LE CHOEUR NOIR> <LE CHOEUR BLANC><LES OISEAUX> <LES GRENOUILLES>
Shahrzad et Ali font naufrage dans le détroit d'Ormuz


<ALI>
"Ah Maîtresse, pourquoi donc m'avez vous demandé de vous faire l'amour sur ces fortes vagues. Voilà qu'occupé à autre chose qu'aux gouvernes, une forte lame a brisé notre petite felouque, et nous voici naufragés, ballottés en tout sens."

<SHEHERAZADE>
"De quoi vous plaignez vous, mon brave Ali. Ne sommes nous pas bien sur ce radeau fait avec les planches du pont lorsqu'il s'est brisé? Allons, n'ayez pas peur, vous savez qu'une bonne étoile me protège. Il plaît peut être aux Dieux de nous indiquer une autre direction."

<ALI>
"Je déteste que vous parliez des Dieux. Vous n'êtes qu'une païenne et moi je n'ai qu'un seul Dieu: Allah, l'unique, le Grand, le miséricordieux. Je déteste vous entendre blasphémer, mais voilà, je suis votre esclave.

<SHEHERAZADE>
"Allons, mon brave Ali, vous n'êtes esclave que du bonheur que vous avez d'être avec moi et des plaisirs fous que vous prenez entre mes cuisses. Mon époux n'est pas. Il ne peut donc vous faire couper la tête si vous m'abandonniez."

<ALI>
"Oui, si au paradis on me demandait de choisir entre les 72 vierges et l'enfer avec vous, je crois bien que je préférerais encore l'enfer. Vous me rendez fou."

<SHEHERAZADE>
"Allons cessez de me casser les oreilles avec vos plaintes, mon brave. N'est ce pas la terre que l'on voit là bas? Un courant ne nous mène t'il pas vers elle? Vous voyez bien, les Dieux ont voulu que nous allions vers ce rivage. Laissons les nous guider."
<ALI>
"Oui, c'est bien un promontoire de roches que je vois. Espérons qu'après le naufrage nous ne nous brisions pas contre elles. Espérons que nous ne servirons pas non plus de pâture à ces squales qui nous tournent autour depuis un moment."


<SHEHERAZADE>
"Laissez les donc faire, mon tendre. Ce n'est pas tous les jours qu'ils peuvent voir de si près une princesse de Bagdad, la cité aux coupoles d'or. Vous lamenter sur un sort funeste ne sert jamais à rien. Cette vie n'est pour moi que jeu et illusions. J'adore ce naufrage qui nous mène là où nous ne pensions aller. Il n'en sortira que du bon, vous verrez."

<ALI>
"Puisse Allah le grand vous entendre."

<LA SORCIERE SHAGOR - LE CHŒUR NOIR>
"Quoi, cette chienne lubrique s'en sort encore. Elle me nargue même. J'enrage! Je la maudis! La lame que j'ai déchaînée contre elle ne l'a pas engloutie à jamais. Prend garde, sale garce ! Mon prochain maléfice te sera fatal! "

<LES APOCALYPTIQUES DE LOUKSAM - LE CHŒUR NOIR>
"Voici que le monde craque de toutes parts. Combien nos cœurs s'en réjouissent. Puisse un tsunami géant faire disparaître cette ancienne terre et la laver de ses pêcher. Regardez donc, cette femme adultère sur son radeau. Elle trouve le moyen de sourire encore et de se moquer de nous."

<LES FORCES OBSCURES><LE CHŒUR NOIR> en opposition à un autre cœur, il faudrait les séparer sur la scène, pour faire le contraste des cœurs entre forces positives et forces maléfiques

" Soufflons sur ce monde impur notre rage et toute notre haine. Soufflons sur ces hommes maudits qui ne sont que mensonges, hypocrisie, prévarication, adultères. Que pas un seul n'en réchappe. Envoyons les tous dans le Chéol, là où les souffrances sont éternelles!"

<LE CHŒUR BLANC> de l'autre coté de la scène, en opposition au cœur noir, ...
"Laisserons nous la belle Shéhérazade aux mains des forces maléfiques qui pullulent en ce monde? N'interviendrons nous donc pas? Les dieux ont livré ce monde au mal pour un temps. Il faut la laisser nous implorer. Ce sont les ordres. Nous ne pouvons intervenir que sur des prières ou des appels au secours. Laissons la donc se débrouiller seule, avec son valeureux Ali, toujours prêt à la suivre. Mais observons avec vigilance. Notre sublime petite princesse de Bagdad ne manque pas d'armes pour se sortir des mauvais pas."

<SHEHERAZADE>
"Voilà, nous touchons terre mon tendre Ali. Quelle plage magnifique, vous ne trouvez pas?"


<ALI>
"Maîtresse, comment pouvez vous avoir le cœur à rire? Nous ne savons pas où nous sommes. Nous n'avons ni eau, ni nourriture, ni rien même, sauf ces planches. Et puis, encore heureux que les requins n'ont fait que vous dévorer des yeux."

<SHEHERAZADE>
"Et bien oui, nous sommes des survivants! Et Alors? N'est-ce donc pas là, la preuve que les Dieux nous protègent?"

<ALI>
"Oui, vous avez raison, s'il faut mourir de soif ou de faim dans le terrible désert de Gédrosie, que ce soit au moins avec le sourire."

<LA SORCIERE SHAGOR - LE CHŒUR NOIR>
"Ils me narguent, ils me narguent, ces enflures, ces moins que rien, ces fornicateurs. Qu'ils aillent donc baiser dans ce désert terrible, je les attend."

<ALI>
"Est-ce une hallucination ou il m'a semblé entendre une voix? Déjà les djinns ou les sorcières du désert? Vous avez entendu, maîtresse?"

<SHEHERAZADE>
"Oui, j'ai entendu cette voix. On aurait dit une vieille folle. Il me semblait qu'elle voulait t'éplucher la verge comme la peau sèche d'un serpent, ou quelque chose de ce genre. Ce serait dommage, une si belle verge."

<ALI>
"Je préfère retourner affronter les squales affamés sur les flots démontés que de risquer de perdre cet attribut divin."

<SHEHERAZADE>
"Oui, mais vous y trouveriez un avantage, celui d'une vie vertueuse qui vous ferait gagner les 72 vierges promises dans votre paradis".

<ALI>
"Ne vous moquez pas maîtresse, le désert est chose terrible sans eau. Et nous savons même pas dans quelle direction aller. Ne devrions nous pas demander un signe à Allah le Grand, pour nous protéger et nous guider?"

<SHEHERAZADE>
"Faites donc, mon brave, si cela peut vous apporter quelque réconfort. Mais je propose que nous cherchions d'abord de quoi manger. Sur cette plage ou ces rochers, nous devrions trouver. Regardez, un crabe, là!"

<ALI>
"Vous voyez bien, c'est Allah qui nous l'envoie. Et là, un autre, gros et gras à souhaits. Il me reste mon briquet. Avec ces quelques planches je peux vous préparer un festin de reine."


<SHEHERAZADE>
"Oui, cela me convient, et ensuite nous ferons l'amour sous les étoiles. Autant profiter de cette vie que les Dieux nous donnent, et moi de votre verge avant qu'elle ne dessèche."

<LES FORCES OBSCURES - LE CHŒUR NOIR>
"Pourrons nous tolérer encore longtemps ce couple qui se rie ainsi des signes que nous envoyons. N'amenderont-ils jamais leur conduite. Ils nous faut les engloutir et les obliger à nous servir. Ne sont-ils pas un outrage à la morale?"

<ALI>
"Vous entendez Maîtresse, on dirait l'orage au loin"

<LE CHŒUR BLANC>
"Voici que le voile se déchire. N'ont-ils pas compris le secret des masques?"

<SHEHERAZADE>
"Ces crabes étaient délicieux, mon tendre Ali, je vous en remercie. Et si nous partions dès à présent dans ce désert de Gédrosie que l'on dit si terrible. Si nous profitions de la nuit et de sa fraîcheur pour marcher. Nous dormirons le jour, là où nous trouverons quelque ombre pour nous protéger du soleil et de ses ardeurs."

<ALI>
"Oui, je trouve que c'est une bonne idée, mais suivons la côte. Au moins nous trouverons toujours de quoi nous sustenter et nous ne risquons pas de nous égarer. Allez, partons maîtresse. Le soleil est
bas désormais, l'air est moins brûlant."

<LES FORCES OBSCURES - LE CHŒUR NOIR>
"Ah que n'ont-ils péris avec leur insolence en traversant les flots houleux !"

<LES OISEAUX>
"Notre petite maîtresse nous manque tant! Voilà des mois qu'elle est partie avec son fidèle Ali. Depuis, plus aucune nouvelle. Son époux, le Prince, se meurt de chagrin. Il passe ses journées dans un profond abattement, prostré. Les petites histoires de son épouse comblaient ses nuits. Il n'en dort plus. Nous devrions partir nous aussi explorer le monde, à sa recherche. Qui sait, peut être vit elle
encore, pirate sur une île, esclave dans un harem, vendeuse d'opium en Chine, chasseuse d'ours en Sibérie. Partons sans tarder, il n'est de lieu où nous ne pourrions la trouver."

<LES GRENOUILLES>
"croa, croa, que nous sommes tristes. Notre charmante petite maîtresse n'est plus. Croa, croa, qui d'autre pour la remplacer? plus personne hélas pour venir nous causer pendant des heures sous la lune. Faisons passer le message jusqu'aux grenouilles de Bashrah. Qui sait, peut être l'une d'elles l'a aperçue. Croa, croa, croa".













ACTE 3
Le Désert de Gédrosie
<SHEHERAZADE> <ALI> <LES OISEAUX> <La Sorcière Shagor LE CHŒUR NOIR> <LE CHŒUR BLANC> <LE CORYPHEE>
Ali et Shahrzad traversent à pied le terrible désert de Gédrosie.

<SHEHERAZADE>
"Je suis desséchée, je me meurs. Depuis plus de 40 jours, nous errons dans ce désert terrible. Ma langue est en feu. Je suis en proie aux visions."

<ALI>
"Moi aussi, ma douce princesse, je suis en proie aux vertiges et aux hallucinations. Je vois des Anges, des Démons, des djinns, des apparitions partout. Je marche dans un état de rêve permanent. Allons nous mourir ma douce. sommes nous déjà morts?".

<SHEHERAZADE>
"Ali, mon brave et valeureux Ali, je sens que je me meurs."

<ALI>
"Mais non, mais non, ma douce maîtresse, cela fait quarante jours que nous devrions être mort. Alors nous tiendrons encore et encore dans ce désert de Gédrosie. Mon cœur brûle désormais. Allah le Grand m'a imposé cette épreuve avec vous. Mon cœur brûle et je sens que suis proche de l'illumination."

<SHEHERAZADE>
"Je préférerais que vous soyez près d'une belle source d'eau fraîche, avec une grande vasque où je pourrais enfin prendre un bain."

<ALI>
"Douce Maîtresse, j'ai peur. Voici que je suis sur un chemin avec une foule immense. Au bout, une bifurcation et un Ange au regard blanc au milieu. Il envoie tout le monde ou presque à gauche. Très, très peu prennent le chemin de droite, ils se comptent sur les doigts de la main. Que dois je donc faire, c'est bientôt mon tour."


<SHEHERAZADE>
"Dis lui ton nom ! Lorsque tu affronteras son regard blanc, dis lui simplement, je suis Ali et vous me connaissez. Alors tu prendras le chemin de droite."



<ALI>
"Maîtresse, désolé de vous quitter. Je sens que je meurs."

<SHEHERAZADE>
"Ne dis donc pas de bêtises mon brave et valeureux compagnon. Voici que j'ai vu Le Messie. Il est celui de tous les hommes. Il m'a donné à boire de l'eau qui étanche toutes les soifs. Regarde, je danse encore sur ces pierres brûlantes. Allons redresse toi. Voici qu'en son nom, je te donne à boire de cette eau. Lèves toi donc, et reprenons notre route."

<LES OISEAUX>
"Voici notre maîtresse bien aimée. C'est elle qui danse. C'est elle qui à vaincu le terrible désert de Gédrosie".

<La Sorcière Shagor LE CHŒUR NOIR>
"Allez au diable maudites volailles. Voici que je déchaîne contre vous le vent des sables amers. Faites nous donc rire. Voyons comment vous survivrez à cela."

<LES OISEAUX>
"Nous n'y voyons plus rien. Ce vent me griffe le bec et les ailes. Il faut nous mettre à l'abri. Impossible de voler."

<LE CHŒUR BLANC>
"Ne faut-il pas aimer les animaux. ils le rendent sans compter, sans jamais la moindre arrière pensée. Leur amour lorsqu'ils le donnent aux hommes est toujours sincère. Voici que notre petite princesse prenait soin des oiseaux de son jardin. Voici que ces mêmes oiseaux, en mal d'amour, viennent à son secours. Ne faut il pas donner de l'amour, encore et toujours, partout et à tous?"

<LE CORYPHEE>
"Au jeu des masques ils ont voulu jouer. Mais la vie elle même n'est elle pas un jeux de masques: hypocrisie, mensonges, duperies, lâchetés, faux semblant, ... Voici que le terrible désert de Gédrosie purifie leurs âmes et les trempe sous le feu. Oui, ils vont vivre. Les oiseaux sont déjà là."

<LES OISEAUX>
"Regardez là bas, dans les roches ocres, dans les brouillards de chaleur, ne serait-ce pas un couple qui avance en titubant? Il nous a donc fallu venir jusqu'ici, dans cet enfer, dans ce four.
Pourvu que nous ne finissions pas en brochettes. Mais allons, courage, allons voir."
"Piouip, piouip, piouip..."


<LE CORYPHEE>
"Voici que nos héros, oui, ils le sont bien, vont sortir du désert avec des âmes purifiées. Est ce un bien? N'est ce pas les projeter au contraire vers des aventures plus terribles encore? Désormais, ils
savent voir les démons."









Acte 4
TEHERAN
<SHEHERAZADE> <ALI> <Les Mollahs> La scène se passe devant la Grande mosquée de Téhéran

<SHEHERAZADE>
"Vous avez vu, mon cher Ali, toute cette foule qui se presse pour vous voir. Ils vous acclament. Mais qui êtes vous donc devenu à leurs yeux?"

<ALI>
"Oui, mais regardez bien, ce ne sont que des humains possédés par les démons. A présent nous les voyons. Je n'aurais jamais cru que cela puisse exister. Dans quel monde vivions nous avant cette aventure dans le terrible désert de Gédrosie?"

<SHEHERAZADE>
"Moi aussi, je ne savais pas que ce monde était en état de possession à ce point. Nous avons vécu dans les illusions. Mais regardez comme ils vous acclament. Ils jettent des fleurs ou des branches de palmes à notre passage. Êtes vous devenu une sorte de Roi pour eux?"

<ALI>
"Je n'en sais rien, et je me demande ce qui nous attend à Téhéran, où les Mollahs et les puissants tiennent tant à nous recevoir."

<SHEHERAZADE>
"Mon cher et tendre Ali, je me demande si je ne préférais pas la vie d'avant, l'époque où nous aussi nous étions la proie des démons. Leur joug est-il si pénible? Non, c'est même agréable les démons."

<ALI>
" Oui, je me souviens aussi et je ne regrette rien de cette vie passée. Ici la foule m'acclame, mais même si les cœurs semblent plus purs qu'ailleurs dans ce pays, je me demande si ce n'est pas les démons qui m'acclament. Ne nous ont-ils pas tendu un piège? Que leur importe même que nous puissions les voir. regardez comme ils nous narguent."

<Les Mollahs>
"Êtes vous Celui que nous attentions ? Venez donc présider à notre prière."

<ALI>
" Je ne vois ici que de bons musulmans. Que n'importe lequel d'entre vous préside, et je prierai avec vous."

<Les Mollahs>
"Il est bien celui que nous attendions"


ACTE V
Freuda la grenouille savante de Bagdad
<Shéhérazade> <Les servantes> <Une grenouille en retard> <Freuda>
La scène se passe dans le jardin du Palais de Shahrzad à Bagdad.



<SHEHERAZADE>
"Je suis enfin rentrée. Ali est resté à Téhéran, aux pays des mollahs, mais moi, il me plait de retrouver mon époux, le Prince, mes jardins, mes oiseaux et mes charmantes grenouilles près du bassin. Voyons, voyons, sont-elles toujours là ? Bizarre, personne, pas un croa. Mais où sont elles passées? Ohé, holla, Accourez servantes fidèles. Où sont passées mes grenouilles ?"

<LES SERVANTES>
"Nous ne savons pas maîtresse, cela fait des jours et des jours que nous ne les entendons plus. Quelque maladie les a peut être frappées. Pourtant nous avons souvent nettoyé leurs bassins."

<SHEHERAZADE>
"Croa, croa, où êtes vous donc mes douces, mes mignonnes?"

<UNE GRENOUILLE EN RETARD>
"Croa... ah c'est vous maîtresse, excusez, je suis en retard. il faut vite que je saute de nénuphar en nénuphar, je suis en grand retard."

<SHEHERAZADE>
"Mais où veux tu donc aller? Les bassins ne sont ils pas assez agréables?"

<UNE GRENOUILLE EN RETARD>
"Si, si maîtresse, ils sont superbes, mais je ne veux pas manquer les cours de Freuda, la grenouille savante."




<SHEHERAZADE>
"Suivons cette grenouille si pressée, discrètement, ne nous faisons pas remarquer. Je trouve fort amusant que mes grenouilles veulent toutes devenir savantes. Mais pourquoi saute-elle donc si vite?. A voilà, elles sont toutes là, dans le petit bassin du fond, sagement assises sur de beaux nénuphars. Tiens là au milieu, une grenouille semble croasser. ce doit être Freuda. Dissimulons nous derrière ces joncs et écoutons là nous aussi, sans les déranger en rien."

<FREUDA>
" …/...vous êtes mes amies. A vous je peux parler librement. Vous entendez ma voix. Mes paroles sont douces. Ne sont elles pas comme une eau limpide. Mais ne soyez pas des grenouilles lotophages.../..."


<LES GRENOUILLES>
"croa, croa"

<SHEHERAZADE>
"Ma foi, je trouve cela fort intéressant. Cette Freuda semble être une grenouille philosophe. Il me plaît de l'entendre."

<FREUDA>
"Qu'est donc ce loto, cette brume qui endort vos esprits? N'est ce pas les illusions de vos petites vies, dans un petit bassin entouré de hauts murs, bien protégé. Ici vous ne craignez aucun prédateur, votre nourriture est facile à trouver et vos vies sont agréables. N'est ce pas là une forme de loto, cette drogue qui endort vos âmes?"

<SHEHERAZADE>
"Il me semble que ces mots s'adressent à moi. Mais n'a t'elle pas un peu raison? Moi j'étouffe vite lorsque je reste trop longtemps dans ce palais."

<FREUDA>
"Le loto est le piège dont il est le plus difficile de sortir, celui des illusions qui endorment. Si vous venez toutes m'écouter, n'est ce pas parce que vous vous rendez compte que votre vie vaut bien mieux que cela. Les dieux vous ont fait grenouilles dans cette vie. Mais qu'en sera t'il après? Si vous avez mangé du loto, il vous en sera demandé compte. Ne cédez donc pas aux illusions du monde."

<SHEHERAZADE>
"Me parle t'elle encore? Cette Freuda me touche, mais laissons ces grenouilles causer. Je ne voudrais pas les déranger par ma présence inopportune. Je reviendrai voir Freuda seule pour m'entretenir avec elle."

<FREUDA>
"Quelle belle journée ! Voici que je m'éveille doucement sous les rayons du soleil. Combien cette vie est belle. Tiens voilà notre chère Princesse."

<SHEHERAZADE>
"Bonjour Freuda, tu as bien dormi sur ton nénuphar? Ce doit être bien confortable ce lit sur un matelas d'eau tiède et limpide."

<FREUDA>
"Oui, je dors très bien ici et je rêve beaucoup. Que me vaut le plaisir de votre visite?"

<SHEHERAZADE>
"Hé bien je t'ai un peu écouté hier soir et j'aimerais m'entretenir avec toi."

<FREUDA>
"Oui, je veux bien, mais je suis docteur Freuda maintenant. Hier ce n'était qu'une conférence publique, mais mes consultations sont payantes, même pour vous Princesse. Il parait que je suis très chère."

<SHEHERAZADE>
"Oui, je comprend, cela me semble fort juste. Quel est donc le tarif de tes honoraires?"

<FREUDA>
"3 mouches vertes des marais ou bien une libellule fort grasse."

<SHEHERAZADE>
"C'est fort raisonnable, mais je ne suis pas chasseuse de mouches. N'existe t'il pas un autre moyen de paiement? Par exemple, je pourrais t'offrir un autre nénuphar plus spacieux et des fleurs de lotus."

<FREUDA>
"Oui, cela ira. Bien allongez vous sur cette herbe tendre, là sous cet arbre. Voilà, je viens près de vous. Êtes vous bien installée? Oui, parfait alors. Dites moi tout. Laissez vous aller. Laissez les mots venir."

<SHEHERAZADE>
"Hé bien, voilà, depuis mon retour du désert de Gédrosie, et ce mal a frappé Ali, mon cher Ali aussi, nous voyons des démons à l'intérieur de toutes les personnes que nous rencontrons. Même mon époux, le Prince généreux et aimant, je le prenais pour presque un saint tant il était doux et prévenant envers moi. Il est lui aussi infesté de démons! Je n'y comprend plus rien. Si je regarde bien, il est vrai que mon époux est un tyran sur Bagdad, la ville aux coupoles d'or. Peut être compense t'il son impotence au lit par des excès de cruauté. Je n'en sais rien. Je ne m'occupe pas de ses affaires et encore moins de politique. Ce n'est pas mon rôle. Mais force est de constater que plus
je rencontre des hommes importants dans cette pyramide du pouvoir où mon époux est tout en haut et plus je vois de démons en eux. C'est finalement au Bazar, chez les petites gens, les malheureux que j'en vois le moins. Pouvez vous m'expliquer cela?

<FREUDA>
"Voyez vous des démons en moi aussi?"

<SHEHERAZADE>
"Non, je n'en vois aucun. Existe t'il des démons chez les grenouilles aussi?"

<FREUDA>
"Oui, ils sont partout car ils n'ont pas de corps physique, mais peuvent en usurper autant qu'ils veulent. Continuez, continuez ma douce princesse, ..."


<SHEHERAZADE>
" Je préférais avant, lorsque je vivais dans un monde plus simple, où je ne voyais pas les démons. J'étais plus sotte peut être, mais bien plus heureuse. Voyez vous des entités maléfiques en moi, docteur ?"

<FREUDA>
"Oui, vous êtes infestée, bien plus que vous croyez et même bien plus que vous ne pouvez imaginer."



<SHEHERAZADE>
"Hé bien, moi qui me croyait propre et pure, innocente, juste un peu trop aimante. Vous me faites peur."

<FREUDA>
"Pour combattre les démons ne faut-il pas d'abord apprendre à les connaitre. Vous les voyez chez les autres et pas chez vous. Savez vous pourquoi?"

<SHEHERAZADE>
"Non, je l'ignore."

<FREUDA>
"Bien, bien, ce sera tout pour aujourd'hui, il ne faut pas trop en faire. Vous êtes un cas intéressant Princesse. Je suis heureuse d'avoir une patiente aussi illustre."

<SHEHERAZADE>
"Et moi je me sens en de bonnes mains, docteur Freuda."














(C) Ivano Ghirardini, tous droits réservés, 2008